FAIRE DE LA POLITIQUE ?

A longueur de colonnes ou de débats télévisés, on s’étonne de l’obstination des Gilets jaunes à rester dans la rue et de leur peu d’empressement à nommer des délégués pour « investir les instances démocratiques ».                                                                                                                                                         Cet étonnement me surprend et je voudrais partager avec vous une expérience.                                                                                                                              Il y a presque 5 ans, quelques amis inquiets de l’évolution de notre société et de nos institutions ont  créé un Collectif Citoyen pour penser ce que pourrait être une politique éthique, adaptée aux besoins d’aujourd’hui et respectueuse de ses administrés.

Les partis politiques existants, enfermés dans leurs logiques internes de fonctionnement et de pouvoirs ne laissaient plus de place à la créativité et à la parole citoyenne : ils ont choisi de s’ en affranchir.

Nous avons construit un modèle qui vaut ce qu’il vaut, mais qui est le fruit de nombreux échanges et concertations. Beaucoup de thèmes d’aujourd’hui étaient déjà là : s’appuyer sur la démocratie participative, des élus plus proches du peuple par le non cumul des mandats, placer les conditions de vie quotidienne au centre des politiques, soigner les circuits courts, le développement durable…      L’action locale paraissant plus à notre portée, nous avons choisi de présenter une liste à Rodez aux municipales de 2014 (campagne financée sur nos propres fonds).

Nous avons organisé plusieurs débats pour soutenir ces idées : 16 °/° des Ruthénois nous ont suivis et fait confiance : trois représentants de la liste Rodez Citoyen ont été élus.

Mais que croyez vous que font les institutions en place face aux idées qu’elles considèrent comme minoritaires ?

Elles « récupèrent » : elles créent des instances de démocratie si peu participatives que plus personne ne souhaite y venir, par exemple.  Elles disqualifient les demandes des élus minoritaires ou les ignorent. «C’est nous qui avons été élus, c’est nous  qui décidons» peut on entendre à titre de justification (!) Rappelons qu’il y a peu, les Français ont répondu non à un référendum sur un traité européen avec les résultats que l’on sait.

Alors, au regard de ces pratiques, rien d’étonnant à ce que les Gilets jaunes mettent en doute les nouvelles dispositions à l’ouverture de notre classe politique et s’obstinent à penser que seul le rapport de force peut l’empêcher de rester sourde…

Pour autant, nous n’avons rien à gagner au chaos et même difficile, la voie démocratique est quand même la moins coûteuse. Donc, j’espère côtoyer lors des débats futurs tous ces nouveaux citoyens engagés prêts à faire ce qu’il faut pour reprendre leur destin en main : faisons nous entendre ! Et si décidément les conditions de débat qu’on nous offre nous paraissent biaisées, nous en créerons d’autres.

Danielle Roger.

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