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Et si on osait parler de nos quartier ?

Réunion débat du 11 / 06 / 2019
Le mardi 11 juin 2019, le Collectif Citoyen du Grand Rodez accueillait 36 personnes pour une nouvelle soirée-débat.
Voici le compte-rendu de tous les échanges décliné en  Forces / Faiblesses / Propositions émanant des groupes de travail :
    

L’espace public :

des salles disponibles pour se réunir :
Forces 
  • Le jardin public à Victor Hugo est très bien pour s’y balader.

Faiblesses

  • La Maison Des Associations n’est pas disponible pour tout le monde et la salle des sports inconnue des citoyens.
  • Il n’y a rien en centre ville, à Bourran et à Cardaillac à part le camping fermé d’avril à septembre.
 
Quartier Ramadier – Saint Éloi :
Forces
  • le City-stade
Faiblesses
  • Le manque de sécurité du parc qui va être réaménagé en école (seul lieu de rencontre).
Propositions
  • Maintenir un espace plat d’accueil, le sécuriser et l’aménager (séparation végétal entre la place et la rue).
 
Pour le centre-ville : 
Forces
  • Présence de nombreuses places publiques
Faiblesses
  • Les places telles qu’elles ont été conçues, sont trop minérales.
Propositions
  • Il faut les arborer et les végétaliser.
  • Installer des bancs.
 
Gourgan :
Faiblesses  
  • Pas d’espaces de rencontres et de convivialité.
 

Les propositions :

  • Il faut des conditions d’utilisation des espaces publics clairement définies ; les mettre sur le site de la mairie pour qu’elles soient accessibles à tous.
  • Il manque des toilettes publiques ou belles sont mal entretenues.
  • Il manque des poubelles et les conteneurs enterrés et notamment des poubelles permettant le tri.
  • Il faut améliorer la communication au travers des panneaux d’affichage.
  • Les fontaines : mieux les signaler et les entretenir
  • Il manque des bancs. Certains ne sont pas à l’ombre. Leur positionnement doit être réfléchi afin que les citoyens n’aient pas que le passage des voitures à regarder.
  • Il faut insister sur le fait de ne pas surcharger les espaces actuels avec de nouvelles constructions et les aménager.
 

Lieux de convivialités :

Forces
  • Le jardin public du centre ville fait l’unanimité mais il faut aussi en prévoir dans d’autres quartiers. 
  • Depuis la construction du City-stade, une nouvelle population est venue sur ce lieu, permettant plus de rencontres multiculturelle et multiclasses.
Faiblesses
  • Le manque d’espaces publics. (ex : la construction de la maison de santé dans le quartier du Faubourg), risque de casser les liens sociaux.
  • Le nouvel espace vert rue Béteille pose problème, il n’est ni aménagé ni sécurisé.
  • Il manque des appareils de fitness, de musculation. Parcours de santé.
  • Les aires de jeux sont à développer dans tous les quartiers. A part Saint Félix et le Foirail les autres sont abandonnés.
Propositions
  • Lors de la mise en place des services publics, il faut mettre des personnes ayant de l’expérience (ou bien leur donner la possibilité de se former).
  • Pourquoi ne pas viser toutes les générations lors des nouvelles installations (jeunes, adultes et personnes âgées) ? => Ex. : installer des échiquiers, des damiers, des tables de ping-pong extérieur, un bar associatif (un bar est en cours de création à Gourgan)… 
  • Marc Censi avait mis en place un dispositif qui avait très bien marché pour éviter l’incarcération. Ce dispositif, prévoyait la prise en charge de ces personnes pour les former ou leur faire découvrir de nouvelles activités.
  • Il faut permettre à des familles de partir ou de découvrir de nouvelles choses grâce à des subventions ou du personnel dédié.
  • On pourrait mettre en place des jardins partagés sur des lieux de passage sur l’exemple du quartier des Embergues.
  • Il existe des terrains de pétanque qui sont aménagés et éclairés.
  • Pourquoi pas l’installation d’une guinguette à Layoule ou à La Labardie.
  • Il faut absolument préserver les arbres existants qui amènent de la fraîcheur et consomme le CO2 (prendre exemple sur Nantes ou Metz) et arrêter de couper la moindre herbe ou fleurs qui poussent.
 
Pour conclure, Rodez manque de lieux de convivialité et d’échanges. Il faudrait les réaménager en les revitalisant et en installant des barbecues (comme il y avait à Saint-Éloi) par exemple.
 

Se déplacer :

Forces
 
Faiblesses
  • Le transport est inadapté à Gourgan et à Saint-Éloi, il n’y a pas de lien direct entre les deux quartiers pour la crèche
  • Il n’y a pas de transport en commun à Saint-Félix alors qu’il y a 300 maisons. Ou les transports ne correspondent pas aux horaires de travail
  • La circulation difficile à Saint-Éloi et La Gineste.
  •  Bel-Air et Sainte-Marie mal desservies, trop de voiture.
  • Bel-Air qui est une zone d’activité n’a pas de bus qui arrive avant 8h.
  • Les pistes cyclables sont peu existantes ou peu sécurisées.
  • L’espace urbain est aménagé pour éviter les voitures de se garer mais les transports n’étant pas développés cela pose problème.
  • Une ligne reliant Saint Eloi et le collège des 4 saisons à été arrêtée obligeant les jeunes à aller chercher un bus beaucoup plus loin. Une ligne a aussi été supprimée à Camonil.
Propositions
  • Le relief de Rodez oblige à rendre prioritaire ces liaisons de transports en commun.
  • Il faut faire en sorte que la ligne B s’arrête à Gourgan.
  • Il faudrait réduire la circulation en ville avec des transports réguliers de substitution; ainsi qu’installer des parkings relais et y adapter les navettes (prendre l’exemple d’Olemps).
  • Les navettes régulières rue du 11 nov par exemple ont été supprimées et sont maintenant à la demande obligeant à prévoir plusieurs jours à l’avance ses déplacements.
  • On devrait pouvoir aménager des trottoirs larges pour faciliter les déplacements piétons. Il faut aussi faire de la pédagogie sur les temps de déplacements réels en circulation douce.
  • On doit pouvoir développer les zones de rencontres ou les zones partagées qui donne la priorité aux circulations douces.
  • Il existe aussi la possibilité de mettre des terres pleins centraux pour permettre la traversée des avenues en deux fois.
  • Il faut rendre systématique la concertation avec les utilisateurs.
  • Pourquoi pas un Hyper-Centre totalement piéton ?
  • On peut revoir tout ce qui est vélos électriques et les aides allouées. 
  • Il existe la possibilité de mettre en place des “pédibus” pour les enfants.
  • La sécurité sur les ronds points notamment aux Moutiers permettant aux habitants de Saint-Éloi d’accéder à Bel-Air.
 

Commerces :

Forces
 
Faiblesses
  • Le nombre de commerces fermés rend la ville triste.
  •  Il manque des services de proximité dans les quartiers
Propositions
  • Il faut installer et développer le commerce local. Favoriser le commerce dans les quartiers en général.
  • Installer un local dans les centres des quartiers commerciaux pour que les gens y trouvent des services comme une consigne à courses ou le prêt de cabas ou de parapluies.
  • Pourquoi pas mettre en place une monnaie locale !
  • On peut s’organiser dans les quartiers pour des commandes groupées chez les primeurs locaux pour éviter aux personnes de se déplacer.
  • Il faut installer davantage de récup’ verres dans les quartiers et mieux indiquer les existants.
 
Pour conclure, il faut remettre de la mixité urbaine dans les quartiers.
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L’arbre dans la ville

La mairie de Rodez a entrepris de grands projets de rénovation du centre-ville. A partir du mois de juin 2019, la Place de la Cité sera entièrement refondée, notamment par un tapis de pierre d’un seul tenant. Les travaux risquent cependant d’abîmer les douze tilleuls couvrant cette place et leur système racinaire. Ils seront donc détruits pour être remplacés. Il s’agit pourtant de la dernière place publique ombragée du centre-ville de Rodez. Pourquoi les arbres semblent-ils si souvent les ennemis des municipalités ?

Le maire de Rodez se prend pour un bûcheron.

Nous comprenons fort bien le besoin impétueux du maire de refaire le centre-ville à un an des élections municipales, c’est une figure imposée pour qui veut se faire réélire. Mais couper des (grands) arbres pour en replanter (de petits), est-ce une illustration méticuleuse de notre société libérale qui détruit pour continuer à consommer (à l’instar des produits en obsolescence programmée, des dates de péremption sous-estimées ou des objets jetables…) ou une ignorance complète des avantages d’une ville végétalisée ? Vous pensez que l’on exagère ? La variété d’arbres proposée en remplacement des tilleuls, d’après le projet consulté en mairie, est le Sophora Japonica. Sa taille adulte sera atteinte entre quinze ou vingt ans (moment où l’on peut espérer un ombrage similaire à aujourd’hui), date à laquelle il faudra refaire les travaux de la Place de la Cité, puisque la plantation de Sophora Japonica est déconseillée à proximité des surfaces minéralisées à cause de ses puissantes racines.* Un nouveau cycle de rénovation-abattage-replantage démarrera alors.

L’arbre est pourtant l’emblème le plus visible de la nature urbaine. A l’heure des débats pour s’adapter aux bouleversements climatiques, la place de la nature en ville a un rôle plus concret qu’une simple ornementation malléable selon le goût esthétique des équipes municipales de passage.

L’arbre est un puits de carbone. Il peut absorber cent-vingt kilos de CO2 durant sa vie. Il fixe les particules fines, vingt kilos par an qui n’iront pas dans les poumons des citadins. C’est également un climatiseur. Il fait varier l’humidité autour de lui par processus d’évaporation. Il réfléchit ou absorbe les rayons lumineux et permet d’éviter ainsi les îlots de chaleur. En hiver l’arbre sert de paravent et diminue l’impact des vents froids. Ces qualités se mesurent dans les dépenses d’énergie des habitations construites à proximité d’arbres. La facture d’électricité liée à la climatisation peut baisser de 15 % en été, les factures de chauffage en hivers peuvent baisser de 10 %. **

Au delà des aspects économiques, l’arbre urbain possède d’autres vertus. C’est d’abord un abri pour la faune urbaine. La verdure, le chant des oiseaux, la présence des flâneurs recherchant l’ombre et la tranquillité font également baisser l’anxiété des citadins. Les études sur la santé physique et morale des habitants de quartiers dotés d’espaces verts remarquent toutes des apports bénéfiques loin d’être anecdotiques.*** Un citadin moins stressé est moins agressif, et un citadin moins agressif contribue à la pacification sociale de son quartier, à la baisse du sentiment d’insécurité.

Il est donc idiot d’abattre des arbres dans nos villes. L’équation que ne manquera pas d’avancer la mairie est idiote aussi : pour un arbre coupé un arbre serait replanté, si ce dernier tient plus du bonzaï, l’équilibre est faussé. Nous ne remettons pas en cause le besoin de rénovation de la Place de la Cité, elle aurait dû se faire même s’il n’y avait pas eu d’échéances électorales. Mais les solutions pour protéger des arbres lors de travaux existent et semblent même plus économiques que de replanter. ****

C’est donc aux citoyens de s’approprier les arbres de leur ville. Toutes les municipalités dirigées par un maire ou une mairesse aux sensibilités de bûcheron industriel ont connu pareille dévastation. Les habitants de la Place du Tertre à Paris ou ceux de la Place de Lenche à Marseille en 2013 ont impulsé des mobilisations populaires pour défendre leurs arbres urbains. Les arbres ont été abattu- sous protection de la police – mais les élus locaux en ont payé le prix électoral. Au-delà de la lutte sociale, l’arbre et la nature urbaine sont sources de lien social. Sans être considéré comme un esprit animiste auquel on confit ses vœux comme en Asie du Sud-est (arbres à vœux), le potentiel de créativité autour de l’arbre est grand. Le Yarn Bombing avait fait son apparition à Rodez il y a quelques années. Les habitants végétalisent eux-mêmes leurs rues. C’est notamment le cas au Quartier des Embergues qui jouxte la Place de la Cité : du lierre et des roses trémières y sont plantés dans la rue. L’asso de quartier gère des jardinières partagées. Ailleurs en France, des étudiants lassés des politiques du tout-béton, conçoivent des mobiliers urbains qui valorisent et protègent les arbres des villes et renforcent les liens sociaux d’un quartier. C’est le cas du « cocon » à Grenoble : un banc circulaire et à étage enveloppant l’arbre et invitant le passant à s’arrêter et s’asseoir.*****

Ainsi la Mairie de Rodez fera les travaux qu’elle a décidé de faire. Les tilleuls seront abattus préventivement. Malgré les nombreuses qualités d’une ville végétalisée, c’est encore une gestion héritée des villes du XXème siècle qui prédomine à Rodez. Les zones boisées en ville ont toujours eu l’air suspect aux yeux des bourgeois. Ces zones non rentables à court terme offrant des loisirs gratuits aux classes populaires sont source d’une passivité quasi subversive. Bref, ce n’est pas très start-up nation. De toute façon, les comptes-rendus du comité de quartier que l’on peut trouver sur le site de la mairie ne disent pas si les habitants ont approuvé ou non ces travaux. C’est donc à nous de transformer nos quartiers, notre ville, les possibilités ne manquent pas, avec un peu d’audace, d’originalité… et de démocratie.

Guillaume HALB

Commentaire :

Ce sujet a été abordé à une réunion de quartier en présence du maire, le 12 juin dernier. Les services techniques de la ville assurent que les arbres de remplacement seront plantés à leurs tailles adultes, c’est-à-dire huit mètres, et leurs racines seront contenues par un système de fosses. La place de la Cité passerait de douze à quatorze arbres. Nous en prenons acte. On aurait pu cependant imaginer que l’investissement dans les nouveaux arbres aient profité à d’autres places de la ville qui ont cruellement besoin d’ombre, mais les tilleuls sont condamnés sans appel possible.

* fiche technique de l’arbre trouvé sur le site Rustica https://www.rustica.fr/tv/sophora-japon-sophora-japonica,5455.html consulté le 10 juin 2016

** l’étude a été fait par des chercheurs de l’Université de Colombie Britanique, elle est citée dans cette vidéo https://www.youtube.com/watch?v=NAo2syms2Gk

*** enquête menée par exemple par l’Institut nationale de santé du Québec https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1274_EspacesVertsUrbainsSante.pdf

**** https://www.arbre-patrimoine.fr/amenagements-paysagers/protection-arbres-avant-travaux/

***** http://www.notredame-grenoble.org/medias/files/panneau-rue-barnave.pdf

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Et si on osait parler … De nos quartiers ?

Le Collectif Citoyen du Grand Rodez vous invite à participer à la prochaine réunion-débat sur le thème des quartiers de la ville. Venez parler de votre quartier, de votre ville, de vos attentes, des manques, des belles choses, de vos idées….

Nous vous attendons nombreux le :
Mardi 9 avril à 20 h
à la Maison de Quartier de GOURGAN (Salle des Aînés).

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LA CARAVANE DANS LES QUARTIERS : MAINTENANT, A BOURRAN !

Fidèle à ses engagements, le Collectif Citoyen du Grand Rodez poursuit sa découverte des quartiers de la Ville, à l’écoute de la parole des habitants.

Après St Eloi, le Faubourg puis Gourgan, vous pourrez nous rencontrer sur le mail, devant l’école ou autour de la caravane, le jeudi 6 Juin de 8h30 à 18h.                                                                                             

Venez partager avec nous votre ressenti du quartier, ses atouts, ses manques, ce que vous aimeriez y changer… votre avis nous intéresse.

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